Si la Coutellerie de Laguiole a choisi un logo précisant
"Laguiole de l'Artisan" à l'intérieur
d'une silhouette de taureau, c'est bien la preuve d'une authenticité certaine, ajoutée à une plus-value artisanale de qualité.
On écrit LAGUIOLE et on prononce « LAÏOLE ». On a conservé la prononciation ancienne, en patois, en occitan, c’est la raison pour laquelle on parle de Laïole.
Deux siècles d'histoire
1 - [1829] - Naissance
du couteau Laguiole pliant à cran forcé.
2 - [1829 - 1880] - Production locale
assurée par quelques artisans
3 - [1880 - 1920/30] - Période
faste des couteliers de Laguiole
4 - [1930 - 1987] - La demande augmente.
Thiers s’empare de la fabrication du couteau Laguiole.
5 - [1987 - 2004] - L’activité
coutelière est relancée à l’initiative
des élus locaux
Quelques légendes, rumeurs et traditions
6 - La croix sur le manche de votre
couteau ?
7 - Quel insecte sur le ressort
?
8 - Pourquoi un couteau Laguiole
se vend et ne s’offre pas ?
9 - Rumeurs populaires sur le
couteau Laguiole
Au
début du 19ème siècle, le couteau
local avait pour nom ‘Capujadou’. C’était
une lame fixe et pointue emmanchée sur un morceau de
bois ; c’est le premier couteau de Laguiole.
Naissance du couteau Laguiole pliant à cran
forcé.
Ce modèle est très proche de la version actuelle que
nous connaissons tous.
L’Aubrac est un vaste plateau composé de fermes isolées
où habitent plusieurs familles. Les aînés partaient
faire la saison d’hiver en Catalogne en tant que tâcherons
et surtout scieurs de long. Certains d’entre eux sont revenus
en Rouergue avec dans leur poche un couteau espagnol : la navaja.
Le couteau Laguiole lui prend sa lame de forme yatagan et son manche
effilé.
La production locale est assurée par quelques
artisans (souvent les forgerons) et permet de satisfaire la demande
des paysans de l’Aubrac.
Le couteau a une ligne très simple. C’est d’abord
un outil pratique et utile. Il évolue d’ailleurs en fonction
du besoin de ses utilisateurs.
-le poinçon (ou trocard) apparait vers 1840. C’est
un outil destiné aux éleveurs pour combattre la météorisation
sur les bovins : les bovins ayant ruminé du foin sec en étable
durant l’hiver, ils ont la panse qui gonfle avec les gaz issus
de la fermentation de l’herbe grasse et humide. Le trocard
sert à leur trouer la panse. Ce trocard était aussi
utilisé comme alène afin de trouer les lanières
de cuir, …
- le tire-bouchon vers 1880 : cet accessoire indispensable
apparaît suite à la «montée» à
Paris des Rouergats pour être bougnats ou limonadiers.
Période faste des couteliers de Laguiole (ateliers avec une vingtaine d’ouvriers) qui produisent un artisanat de qualité. Les maisons Calmels et Pagès reçoivent de nombreuses récompenses aux concours nationaux. A la fin du siècle, à Thiers, les marteaux-pilons apparaissent, mais Laguiole se préserve de toute modernisation.
La gloire du couteau ayant dépassé le plateau
de l’Aubrac, la demande augmente. Les couteliers du village
ne pouvant la satisfaire du fait qu’ils ne veulent pas investir
dans des machines, laissent progressivement Thiers s’emparer
de la fabrication du couteau Laguiole.
Une fabrication artisanale de prestige se maintient à
Laguiole, mais à une très faible échelle comparée
à la production industrielle massive de Thiers.
L’activité coutelière est relancée
à l’initiative des élus locaux (plus particulièrement
M. Pierre Malet).
A partir de 1985, apparaissent à nouveau des ateliers de montage.
En 1988, sur la zone de production Laguiole (nord de l’Aveyron),
deux forges fabriquent les pièces détachées du
couteau. Le succès est fulgurant (en 1981, il ne restait plus
dans le village que 2 points de vente ne faisant que revendre des
couteaux fabriqués à Thiers).
A partir de 1997, dans la zone de production Laguiole, environ 400
000 couteaux Laguiole sont fabriqués.
Elle s’appelle
« la croix du berger ».
Elle est d’apparition récente : nous la situons fin du
XIX° siècle. Le vaste plateau basaltique de l’Aubrac
sur lequel se situe Laguiole connaît la transhumance des bovins
chaque mois de mai (le dimanche le plus près du 20 mai) et
d’octobre (jour de la Saint Géraud en octobre). Autrefois,
comme les drailles (chemins) étaient parcourues pédestrement,
il s’agissait d’une expédition de plusieurs jours.
Dans notre région très empreinte de religion catholique,
les bergers transhumants plantaient la lame de leur couteau dans le
pain : la croix servait « d’oratoire » pour la prière
(on dit que c’est le chapelet des bergers). Pour cette
raison, cette décoration ne se retrouve que sur un seul côté
du manche.
Nos couteaux Laguiole anciens sont décorés le plus souvent
de cette croix. Mais d’autres motifs ornaient le manche à
la demande du client.
C’est une abeille, symbôle du couteau de Laguiole.
Notre légende locale dit qu’il s’agit du sceau
impérial de Napoléon Ier offert à la ville de
Laguiole en signe de reconnaissance pour la bravoure au combat des
hommes originaires de notre village.
Dans le langage
coutelier, la mouche représente l’excroissance métallique
sise en fin de ressort. Sur notre célèbre couteau Laguiole,
l’excroissance est une abeille.
Attention, la présence de l’abeille ne vous garantit pas
de la qualité ni de la provenance de votre couteau !
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Toujours en référence aux anciens couteaux Laguiole
âgés de 100 à 150 ans, l’abeille n’est
pas obligatoirement le seul motif visible sur le ressort des Laguiole.
Une face humaine, un trêfle … à quatre feuilles
(gage de porte-bonheur), une coquille Saint-Jacques (en référence
au chemin de Saint Jacques qui traverse l’Aubrac), une abeille
lisse, sans dessins, très stylisée, …
Nous avons repris cette fabrication à l’ancienne qui
était réalisée à la demande du client.
Nous proposons de personnaliser complètement votre couteau
Laguiole par tout motif quel qu’il soit.
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Nous sommes en pleine superstition.
Il existe une coutume
selon laquelle tout objet tranchant ne s’offre pas sous peine
de couper l’amitié - ou l’amour ! - entre la personne
qui reçoit le couteau et celle qui l’offre.
Pour conjurer ce mauvais sort ou bien par tradition, la personne reçevant
un couteau Laguiole en cadeau donne une pièce de monnaie dans
un but d’échange à celui qui lui a offert le couteau.
En discutant avec nos clients, cette tradition semble identique chez tous nos voisins, dans toute l'Europe, de l'Occident à l'Oural ! Son origine est un mystère pour nous … Si vous connaissez les origines de cette tradition, n'hésitez pas à nous contacter.
Voici des hypothèses envoyées par l'un de nos clients:
Premièrement, d'après certains livres de superstitions, offrir un couteau ou autre objet tranchant coupe l’amitié ou l’amour à moins de donner une pièce de monnaie en retour.
La pièce de monnaie étant le symbole de ce qui ne peut pas être dissocié, coupé, partagé, elle représente donc l’indissociabilité, le caractère solide et presque éternel de l’amitié ou de l’amour.
Ce symbole se retrouve aussi dans l'expression "avoir maille à partir", signifiant avoir un petit conflit que l’on ne peut résoudre avec quelqu'un (la maille étant l’argent et "partir" signifiant "partager").
Le destinataire donne donc un morceau de métal (pièce de monnaie ou autre) pour « acheter » le présent. Ainsi, l’objet tranchant offert n'est plus réellement un présent mais plutôt un achat personnel.
A noter : La Reine Elisabeth II elle même insistait pour l’emploi de cette pratique lorsqu’elle recevait des pièces d’argenterie.
Ensuite, selon le Guide de la chance (Paris, 1984), toute arme blanche utilisée et portée régulièrement est « un objet de pouvoir ». En le donnant, on perd ce pouvoir, sauf si une pièce de monnaie est reçue en échange. Cette pièce est censée porter bonheur à celui qui l’a reçue seulement si il ou elle achète avec un couteau ancien ou dont quelqu’un s’est déjà servi.
Pour continuer, les mythes bibliques eux aussi ont leur mot à dire : en effet, dans la bible, le couteau est un outil sacrificiel, un objet sacré servant les desseins de Dieu.
Par exemples :
- Le couteau d'Abraham dans la Genèse : " Abraham tendit la main pour prendre le couteau et immoler son fils ", Genèse, 22-10
- Le glaive du Christ dans l'Apocalypse : "dans sa main droite, il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants", Apocalypse, 1-16).
L’arme blanche est donc, selon la bible, divine et au service de la vérité et du bien. Il s’agit donc d’un objet précieux. Or, de manière symbolique, le couteau représente un objet précieux dont on ne peut se séparer sans contrepartie (cette contrepartie peut très bien être symbolisée par quelque chose que l’on donne en retour comme une pièce de monnaie).
De plus, il y a aussi l’histoire de Vulcain à qui on aurait commandé une épée sans jamais la payer. A partir de ce jour, il demanda à être payé d'avance. Certains pense que cela symbolise la pièce donnée en échange de l’arme blanche.
Enfin, au Moyen Age, quand une arme blanche était offerte, l’offrant réclamait systématiquement une pièce en échange pour ne pas être tenu pour responsable devant le Tribunal de Dieu des actes qui pourraient être commis avec l'arme dans le futur car le fait de l’offrir pouvait être assimilé à de la complicité ou à un ordre d’action violente vis à vis de celui ou celle qui aurait commis des exactions avec.
Ainsi, en l’échangeant contre une pièce, il « vendait » l’arme d’une certaine façon et était donc considéré comme un marchand : sa responsabilité était sauve .
Mais au delà de cet aspect négatif, figure aussi de toutes autres façons de penser :
- Avant le XVème siècle offrir un couteau symbolisait la fidélité ou un accord marchand.
- Autrefois, lorsqu’un enfant arrivait à l’âge adulte, un couteau de poche lui était donné à l’occasion de sa première communion.
- En Amérique, il est de coutume de donner le couteau et la pièce en temps que simple geste d’amitié.
Et il va de soit qu’il doit encore exister bien d’autres significations à cette coutume...
- la lame repliée, la mitre de tête représente
une tête de baleine si vous regardez le couteau horizontalement,
l’abeille au dessous.
- le couteau de Laguiole symbolise l’eau avec la lame, la terre
avec le manche et le feu avec la mitre en laiton.
- les encoches sur le dos de la lame représentent les jours
de la semaine.
- si on regarde le manche d’un couteau Laguiole formé
de deux pièces, lame et tire-bouchon, on appelle le manche
façon « jambe de femme ». Si la mitre du bas est
concave, elle a l’aspect d’une chaussure à talon
aiguille avec le molet féminin…
La Coutellerie de Laguiole | magasin : 15, Allée
de l'Amicale - 12210 Laguiole - Tél. 05.65.51.50.14
2 Ateliers-magasins : ZA La Poujade, Route d'Aubrac et Espace Les Cayres
- 12210 Laguiole
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